Piloter l’efficacité : méthodes d’évaluation éprouvées
Trois grandes logiques président à l’évaluation d’un plan de développement des compétences : la mesure de l’acquisition, la mesure de la transformation et la mesure de l’impact économique. Chacune s’inscrit dans des temporalités différentes et doit s’articuler de façon intégrée.
Le modèle de Kirkpatrick : la référence structurante
Décrit dès 1959, le modèle de Donald Kirkpatrick, régulièrement actualisé (notamment par Kirkpatrick Partners), demeure la matrice la plus utilisée dans les grandes entreprises et groupes internationaux. Il propose une évaluation sur quatre niveaux :
- Réaction : mesure de la satisfaction des participants.
- Apprentissage : acquisition effective des nouvelles compétences, savoir, savoir-faire.
- Comportement : transfert des apprentissages en situation professionnelle réelle.
- Résultats : impact sur les indicateurs de performance collective ou individuelle.
L’intérêt de ce modèle réside dans son articulation cohérente : passer d’une logique de formation consommée à un pilotage par la transformation effective, en traquant le passage de la théorie à la pratique métiers. Néanmoins, il implique d’outiller chaque étape pour qu’aucune ne reste formelle ou déclarative.
Le modèle Phillips : piloter le ROI
Jack Phillips propose dans les années 1990 d’aller plus loin, en ajoutant un cinquième niveau au schéma de Kirkpatrick : la mesure chiffrée du retour sur investissement. Confrontée à la réalité budgétaire, cette étape interroge sans détour le rapport coût/gain du développement des compétences.
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Valeur directe (augmentation de la productivité, réduction des non-qualités, développement commercial, etc.)
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Valeur indirecte (effet sur la marque employeur, amélioration de l’expérience salarié, fidélité accrue, etc.)
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Coûts engagés (investissement formation, mobilisation RH/managériale, coûts cachés tel que le temps d’absence, etc.)
L’approche ROI oblige à poser la question stratégique : “Qu’avons-nous concrètement retiré de cet investissement ?” L’enquête Baromètre Cegos 2023 révèle que moins d’un tiers des entreprises françaises déclarent calculer systématiquement ce ROI.